Questionnement HPI et difficulté à demander de l’aide
Le questionnement sur le haut potentiel s'accompagne souvent d'un paradoxe tenace : plus l'analyse est fine, plus la demande d'aide est différée. En tentant de « s'auto-réparer » par l'intellect, l'adulte HPI s'enferme dans un piège d'autonomie. Cet article décrypte pourquoi la lucidité ne suffit pas à apaiser la souffrance et comment les TCC et l'ACT permettent de lâcher le contrôle pour retrouver, enfin, un peu d'air.
Le sentiment de décalage : une intuition qui persiste
Le questionnement autour du haut potentiel apparaît souvent dans des moments où l’on pressent qu’un écart existe, non pas entre soi et le monde de manière abstraite, mais entre la manière dont on fonctionne réellement et ce que l’on perçoit comme une norme implicite. Cette interrogation persiste parce qu’elle cherche à mettre de l’ordre dans des expériences qui résistent à la formulation, avec une fatigue sociale difficile à justifier, une lucidité parfois encombrante ou une impression diffuse de ne pas avancer comme les autres.
Le paradoxe : quand l'intelligence empêche de consulter
Lorsqu’il s’agit de demander de l’aide, un paradoxe se dessine. Ceux qui réfléchissent le plus, qui examinent leur propre cohérence avec une précision méthodique, sont aussi ceux qui tardent le plus à consulter. C'est comme si la démarche nécessitait une raison plus grave, plus légitime, ou plus évidente que ce qu'ils ressentent.
Le piège de l'autonomie : croire qu'on peut « se réparer » seul
L’adulte doté d’une forte capacité d’analyse vérifie souvent tout par lui-même. Il tente de résoudre intellectuellement ce qui relève du vécu. Il examine les causes, les effets, les nuances, en pensant que la compréhension devrait suffire à apaiser ce qui dérange. Cette manière de procéder fonctionne bien dans d’autres contextes mais elle retarde la possibilité de demander un soutien.
Le piège de l'autonomie : croire qu'on peut « se réparer » seul
Un autre frein réside dans la difficulté d’exprimer ce qui ne se voit pas. Demander de l’aide implique de formuler un malaise, d’admettre un doute, de reconnaître que son analyse ne suffit pas. Beaucoup se disent que d’autres souffrent davantage, qu’ils ne vont pas assez mal pour demander un appui, ou qu’avec leurs capacités ils devraient s’en sortir seuls. Cette injonction à l’autonomie créee une tension supplémentaire. On confond alors lucidité et performance, comme si la demande d’aide marquait une faiblesse intellectuelle alors qu’elle relève simplement d’un besoin humain et d’une forme de maturité émotionnelle.
Sortir de l'analyse pour entrer dans l'action
Les TCC permettent de déconstruire les croyances de performance qui verrouillent la demande d’aide. L’ACT, quant à elle, offre un levier indispensable au profil HPI en apprenant à ne plus lutter contre son propre flux mental pour se reconnecter sur ses valeurs.
Au lieu d’utiliser votre énergie pour analyser pourquoi vous souffrez, ces outils vous aident à agir avec votre fonctionnement, et non contre lui. Demander de l’aide n’est alors plus un aveu d’échec, mais une décision stratégique : celle de passer de la compréhension intellectuelle (qui tourne en rond) à l’action engagée (qui donne du sens)